| Rue St Sabin |
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Aujourd'hui, 20h, rue st sabin. Je cherche l'adresse, maladroit de mes yeux, je me perds dans les faits, je perds ma fête. Et puis je trouve. Ils sont là. Elle est la aussi, déjà souriante de sa nouvelle vie, de ce bonheur nouveau de renaître comme chaque année, dans cette absolution de nos maux passés. Bon anniversaire ! Mes bras sont vides et mais mon coeur est plein. Ces mots creux ne suffisent pas à lui dire ce que je voudrais lui exprimer. Mes gestes sont remplis pourtant, ceux des autres aussi. Ils noient le sens des miens, ils nient ma présence. Qu'importe je brave. Je la regarde qui s'éloigne, belle et fière. J’espère qu'elle le sait, j'espère qu'elle en est sure. Je lui propose mon regard, mes certitudes. Elle est la plus belle, elle répond aux canons de la beauté, elle est canon Je devine les courbes généreuses de son corps qui s'offre à nos regards, à nos désirs Et si je ne suis pas jaloux de celui des autres, je suis jaloux du mien, Qui me trahi, qui me perdra. Elle est peut être trop belle pour moi Elle est troublante, publiquement Elle est provocante, ouvertement Je m'attarde sur elle, je la sens différente. Quelque chose en plus, peut être ce supplément d'homme. Elle s'éloigne alors, encore, et je perds son corps qui se perd dans ces opuscules. Vite, il faut que je lui traduise mon émotion, que je lui transcrire ma perdition. Merci, jeune fille à qui on ne baise pas la main. Pour ce petit moment de bonheur. Je souhaite qu'il en enfante d'autres, à l'image de l'innocence des bambins à l'ombre des bambous. Je veux voir derrière son visage, je veux savoir derrière le masque, à l'heure ou la femme perd son fard, ou se leve le dard. 8h. rue st sabin, Le jour se lève. Elle va boire un café. C’est curieux, cette coquine s'appelle sabine. Paris 1999
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